Le chêne et le bambou

[i]Une notion importante, dans la relation entre deux êtres vivants, est le transfert. L’Être, comme un tube sacré, est capable d’assimiler dans trois domaines, physique (aliments solides, liquides et gazeux), émotionnel (émotions constructives, destructives) et intellectuel (concepts, doctrines, etc.). L’assimilation est suivie (dans un concept binaire) de l’élimination, dans la phase de densification (les éléments extérieurs pénètrent dans le corps, de la périphérie vers le Centre, du haut vers le bas). L’Être s’enrichit de l’essence de ce qu’il a assimilé (de la pomme il construit sa chair, de l’émotion il nourrit son âme, de l’idée il nourrit son intellect). Il agira vers l’extérieur, enrichi de ce qu’il a reçu de l’Autre.Il est donc primordial d’effectuer ce cycle densification (pénétration dans le corps de l’élément extérieur, l’Autre agit, l’Être est passif) -libération (extériorisation du résultat du processus d’intégration de l’élément nouveau au niveau du corps de l’Être) sans l’arrêter. Cependant l’Être peut avoir donné plus ou moins de valeur à l’une des composantes (dans le domaine physique par ex. développement excessif de la structure musculaire au dépend de sa souplesse ; un désir continuellement nourri au niveau de l’intellect ou par ex. au niveau émotionnel, un comportement unilatéral au cours duquel l’Être prend sans donner, ou plus généralement un comportement quotidien réglé comme du papier à musique, occultant le ressenti) le déséquilibrant par la même occasion. A ce moment-là, il ne pourra gérer un élément extérieur d’un certain type (déterminable et qui n’a absolument rien à voir avec le hasard).Il nous est donc donné de réagir de 2 manières, face à un élément actif, auquel nous sommes confrontés.1.     La première est d’accepter la relation.2.     La seconde est de la refuser.Alors que faire ? En partant du principe qui veut que l’être qui fait face à un élément extérieur, quel qu’il soit, se voit influencé par celui-ci, il est logique d’adopter une attitude de tolérance, l’attitude du bambou face à la tempête. Celui-ci, comme vous le savez, plie en accumulant l’énergie de la tempête, pour finalement la restituer le calme revenu. Le bambou se retrouve donc inchangé extérieurement par la tempête, cependant renforcé dans ses capacités de résistance à chacune d’elle. (Principe Aïki des arts martiaux japonais)Par contre, adopter une attitude pleine de méfiance face au Monde extérieur en général, équivaut à adopter les qualités du chêne. Celui-ci paraît résistant. Mais cette résistance est faite de rigidité face à la nouveauté. Si la tempête dépasse la capacité de résistance du chêne, celui-ci s’écroule, déraciné.On voit donc que le proverbe oriental, le fort est faible et le faible est fort, est une réalité.La tempête correspond à un élément nous remettant profondément en cause.Le fait de plier pendant la tempête nous amène logiquement à nous recentrer dans nos racines. Celles-ci étant soumises à l’action yangisante de la tempête. Comme composante essentielle du Monde, nous avons chacun à en faire partie. C’est une affirmation digne de La Palisse, pourtant s’ouvrir à l’action de « ponçage » de l’enveloppe extérieure par l’élément extérieur est essentiel à notre évolution.

Jean-Christian Balmat


[i] Article extrait de « A Toi l’Orphelin ! La Connaissance t appartient qui que tu sois, cherche-la ! 428 pages. Disponible sur https://www.createspace.com/4483990 ou amazon.com 

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