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Programmé à rechercher le plaisir (article 2)

Résumé : Cet article décrit le fonctionnement des systèmes cérébraux du plaisir, de la punition et de l’inhibition. En comprenant ces mécanismes neuro-énergétiques, l’être humain peut dépasser ses automatismes de fuite ou de lutte, apaiser ses émotions et rétablir l’équilibre entre corps, esprit et conscience selon l’approche du Shiatsu Holistique.

Centres de la récompense et du plaisir

Les principaux centres cérébraux de la récompense sont localisés le long du MFB (medial forebrain bundle, en anglais, le faisceau médian du cortex préfrontal en français). Le MFB est composé de plusieurs centres qui participent tous à la réponse comportementale. Ces centres sont interconnectés et innervent l’hypothalamus, l’informant de la situation, plaisante en l’occurrence. L’hypothalamus réagit alors sur les fonctions végétatives (parasympathique dans ce cas) et endocriniennes par l’intermédiaire de l’hypophyse, libérant des hormones liées au plaisir.

Centres de la punition

L’action est aussi primordiale lorsqu’un danger nous menace. Nous avons alors deux solutions : la fuite ou la lutte.

Les stimulations déplaisantes et/ou douloureuses qui provoquent la fuite ou la lutte activent les centres de la punition ou PVS. Le PVS est formé de plusieurs centres dont l’hypothalamus, le thalamus et la substance grise centrale ainsi que l’amygdale et l’hippocampe. L’activation du PVS provoque l’activation du système nerveux sympathique et la libération dans l’organisme d’ACTH et d’adrénaline qui préparent rapidement le corps aux efforts exigés par la fuite ou la lutte.

Le système de punition inhibe le système de récompense, ce qui explique que certains régimes politiques ont réussi au cours de l’Histoire à manipuler le peuple par la peur, surtout la peur de la punition. Ceci est également valable dans toute structure sociale : couple, famille, entreprise, etc.

Le MFB et le PVS forment les deux principaux systèmes de motivation de l’être humain. Ils ont pour but assouvir les trois pulsions instinctives, respirer, se nourrir, se reproduire, et d’éviter la douleur.

Centres d’inhibition

Le Pr Henri Laborit a mis en évidence un troisième circuit : le système d’inhibition de l’action (Behavioral Inhibitory System (BIS)). Il est associé au système septo-hippocampal, à l’amygdale et aux noyaux de la base. Ce système est, comme nous l’avons vu, celui qui prend le relais lorsque la lutte ou la fuite ne sont plus possibles, avec des conséquences négatives au niveau physiologique.

Pour prendre un exemple simple, le SIA est le système qui produit l’immobilisme du campagnol survolé, à terrain découvert, par une buse. Ce fonctionnement temporaire lui sauve la vie plus sûrement que la fuite.

Par contre, dans le cas où un individu se sent comme le campagnol, lorsqu’il est en relation avec son patron, ses parents ou autres, la situation se gâte. Il perçoit une impossibilité de fuir ou de lutter : s’il le faisait, il en perdrait son emploi, sa place dans la famille, etc. De plus, si la situation perdure des mois ou des années, les conséquences pourraient être catastrophiques en termes de santé (voir aussi le sous-chapitre sur le stress) en affaiblissant fortement les capacités du système immunitaire.

Le SIA peut également « s’enclencher » dans le cas où l’individu manque d’information à propos de ce qu’il vit dans le présent : par exemple une personne âgée assise devant un pc dont elle ne comprend pas le fonctionnement ou encore une personne effectuant un voyage dans un pays étranger sans maîtriser ni la langue et ni l’écriture en fonction différente de la sienne.

En effet, pour agir efficacement, l’être humain a besoin d’un certain nombre d’informations sur le monde qui lui donnent des possibilités différentes de répondre. Si les apprentissages et expériences antérieures n’apportent pas l’information à l’individu, le SIA prend le dessus sur le SAA. Attention : à l’inverse, l’excès d’information (téléjournal, publicités agressives, etc.) a le même effet. Enfin, l’imaginaire peut produire des scénarios que l’individu redoute de vivre. Dans ce cas, lorsque le cauchemar se matérialise sous les yeux de la personne, celle-ci se trouve totalement inhibée.

École de Shiatsu Holistique - cours d'intro - Formation de Base - Formations pro agréées ASCA - Posieux (Fribourg)
École de Shiatsu Holistique – cours d’intro – Formation de Base – Formations pro agréées ASCA – Posieux (Fribourg)

La psychologie évolutive

La psychologie évolutive, née vers la fin des années 80, examine les comportements humains en tenant compte de la sélection naturelle et de la sélection sexuelle.

Cette approche considère que nos ancêtres, apparus il y a environ 2,5 millions d’années, vivaient avec des contraintes environnementales complètement différentes des nôtres en tant que chasseurs-cueilleurs : lutter contre le climat, trouver assez de nourriture, s’allier à d’autres pour mieux chasser, trouver un partenaire pour se reproduire et tisser des liens assez fort avec lui pour élever une progéniture, etc.

Cela a eu pour conséquence que les caractéristiques anatomiques et les comportements les plus payants ont été sélectionnés. La psychologie évolutive considère que l’homme moderne est constitué de systèmes cérébraux spécialisés dans la résolution des problèmes de nos ancêtres.

Moralité : notre cerveau n’a pas été sélectionné pour vivre dans l’environnement urbain et technologique actuel. Dans la plupart des fonctions, cela n’a pas de conséquence. Par contre, pour d’autres comme l’activation chronique des différents systèmes d’alarme du cerveau, elles sont désastreuses pour l’organisme.

On peut résumer la psychologie évolutive en cinq principes qui remettent en question le modèle standard des sciences humaines :

  1. Les circuits du cerveau sont sujets à la sélection naturelle, par l’entremise des gènes qui codent les grandes voies nerveuses, et ont évolué pour générer des comportements adaptés aux circonstances environnementales.
  2. Nos circuits neuronaux n’ont pas été sélectionnés pour résoudre tous les types de problèmes, mais seulement ceux qui ont affecté la reproduction de nos ancêtres depuis des millions d’années.
  3. La plus grande partie de ce qui se passe dans notre cerveau se fait inconsciemment de sorte que bien des choses qui nous paraissent faciles, reconnaître un visage, courir… nécessitent des opérations et des circuits neuronaux extrêmement complexes
  4. Des circuits neuronaux différents sont spécialisés pour résoudre des problèmes adaptatifs différents
  5. Le cerveau de l’homme moderne est en réalité adapté à l’âge de pierre.

Jean-Christian Balmat

Fondateur de l’École de Shiatsu Holistique

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