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Combien a-t-on de cerveaux : 1, 2, 3, 5 ou 6 ? (Article 2)

Résumé : Cet article expose les 7 rituels comportementaux issus du cerveau mammalien (provocation, affrontement, territoire, domination, soumission, sélection, séduction). Objectif : reconnaître ces automatismes sociaux, comprendre comment ils sécurisent le clan et l’individu, puis s’en détacher par le travail sur soi (respiration/Hara, recentrage) pour passer d’un pilotage hormonal à un choix conscient.

Les 7 rituels de base du cerveau mammalien

Les rituels comportementaux sont l’ensemble des règles sociales qu’un groupe d’individus consent afin d’assurer la cohésion sociale.

Les rituels comportementaux ont pour but d’assurer l’équilibre entre le bien-être de l’individu et celui de la société.

Ils sont la manifestation d’un triple besoin :

  • Le besoin de maîtrise de la vie. Les êtres humains ont besoin de prédire leur avenir et comprendre les événements se déroulant dans leur environnement proche et la société en général en fonction de ce qui représente la réalité pour eux. Les besoins de reconnaissance, de sécurité et stabilité de la vie sont également des facteurs importants.
  • Le besoin de contact. Les êtres humains ont tous besoin d’amour et de soutien des gens qui leur sont proches. Ils établissent des contacts sociaux pour les satisfaire.
  • La valorisation du « moi » et du « mien ». Chaque individu recherche sa valorisation par les différents groupes auxquels il appartient afin de satisfaire son besoin inconscient d’être et donc d’exister pleinement.

On peut distinguer sept grands types de rituel :

  • Rituel de provocation
  • Rituel d’affrontement
  • Rituel du territoire
  • Rituel de domination
  • Rituel de soumission
  • Rituel de sélection
  • Rituel de séduction

Nous allons parler des comportements archétypaux de l’Humain en société. Ils sont tels des cartes routières que nos ancêtres nous auraient laissées. Si nous étions habiles dans ce jeu, nous passerions ce qui, en d’autres temps, constituait les rites initiatiques qui permettaient aux adolescents des deux sexes d’être admis dans leurs cercles d’adultes respectifs.

Reconnaissons-le de suite, ces rituels sont primordiaux à l’édification de la personnalité. Toute personne qui cherche à effectuer un travail introspectif visant à se libérer devra passer par cette étape qui consiste à comprendre les rituels comportementaux qui sont les chaînes qui nous attachent. Tout simplement parce qu’avant de parler des corps subtils, chacun de nous a besoin d’être reconnu, ici-bas, dans la Matière, ou, moins égotiquement, a un besoin vital de place, pour son corps de chair.

Quoiqu’en disent certains, le développement, le maintien en parfaite condition du corps physique, n’est toujours pas une chose évidente pour minimum la moitié de l’humanité ! Tant que l’individu est dans la survie, il n’envisage tout simplement pas d’améliorer sa vie. Tant qu’il consacre toute son énergie à satisfaire ses besoins vitaux, il ne peut pas s’en libérer par définition et encore moins se libérer de ses rituels comportementaux.

Si nous observons un instant l’humanité actuelle, nous pouvons constater que bon nombre de sociétés qui la composent sont dominées par la peur et les sentiments qui en découlent : intolérance, haine, conservatisme et comportements extrémistes. 

Rien n’est plus normal si l’on prend en compte les changements structurels de nos sociétés extrêmement rapides à l’heure actuelle. Ces changements créent un sentiment d’insécurité qui est vécu comme un stress majeur par les individus.

La vie, du point de vue de la chair, cogne et nous tabasse. Quelquefois jusqu’à nous mettre à terre ! Mais dans la vie, n’est-il pas plus important d’apprendre l’esquive, la souplesse et l’adaptation aux coups ?

La nature inférieure de mon corps de chair EST mon lieu d’action sur cette terre. La route de mon évolution commence par ce corps, même si la souffrance lui est attachée ! Je reconnais ma nature animale et comme je ne frappe pas mon congénère par respect pour lui, j’apprends à m’aimer. Plein d’amour, je peux retourner vers lui et partager les qualités d’Âme ainsi acquises. Si je m’élève, je ne commets pas l’erreur d’oublier d’où je viens. Je ne sors pas du monde matériel pour entrer dans le spirituel ; je spiritualise la matière et je participe ainsi sur Terre à l’accomplissement de Ce qui est En Haut en bas, car il est en mon pouvoir d’agir juste à la condition que je le décide du fond de mon Âme. Lorsque mes pensées s’élèvent, je peux voir ces rituels dont mon évolution est faite. Les apercevoir est preuve d’évolution, les découvrir est une solution d’ascension.

Pour comprendre et décoder les rituels, l’image du pilote automatique dans l’avion de ligne est parlante. Le pilote automatique est en fait la quintessence de l’expérience acquise dans l’histoire par les pilotes ayant effectué ce vol. Ce programme informatique est basé sur un acquis disponible dont l’humain se sert pour se consacrer à d’autres tâches. Il peut laisser à la machine le soin de suivre la route prédéterminée.

Comme le pilote d’avion, les 500’000 générations précédentes nous ont laissé des programmes que l’on appelle « mémoire cellulaire ». Cette dernière est corporellement la base acquise par transmission génétique et sur laquelle notre corps, mais aussi nos pensées et émotions, ont grandi. Parce que le créé se base sur un squelette que l’on ne réinvente pas à chaque fois, l’Humain acquiert et évolue. Imaginez-vous l’homme dépourvu d’histoire intérieure, de mémoire! Tout recommencer pour l’éternité et ne rien apprendre !

Pour notre plus grand bonheur, nous avons :

Intérieurement :

  • Au niveau de la psyché : notre histoire intérieure, notre mémoire.
  • Au niveau du soma : les 64 codons de mon ADN qui nous programment à être physiologiquement ce que nous sommes.

Extérieurement

Notre histoire familiale (famille proche plus famille élargie)

  • Notre histoire amicale
  • Notre histoire nationale
  • Notre histoire humaine

… qui représentent des mémoires que l’on interprète plus ou moins subjectivement. Les rituels nous parlent comme d’une partie des conventions relationnelles que l’Humain conserve profondément en lui.

Ces conventions relationnelles ritualisées ont pour but premier d’assurer l’accession à l’état de satisfaction des besoins vitaux de base :

  • Respirer
  • Manger
  • Dormir
  • Se reproduire

Mais surtout d’obtenir la reconnaissance et l’amour de notre clan en respectant ses règles comportementales. En psychanalyse, on trouve les notions de Moi et de Surmoi brimant le Ça.

Or, dans la moyenne, nous comblons les besoins vitaux de base plus facilement que nos ancêtres. L’enfant fait mieux que le parent, parce que l’évolution est une loi d’adaptation. Lorsque le milieu extérieur change, le milieu intérieur doit s’adapter ou mourir.

Seul ce qui est viable perdure. Nous-mêmes, humains, sommes des survivants de l’évolution ! L’accepter comme tel engage à comprendre que nous dominons des règnes parce qu’à tous niveaux, nous y avons travaillé depuis l’Aube des Temps. Nous sommes des vainqueurs. Mais la vraie question n’est-elle pas de savoir si nous sommes de bons seigneurs ?

Les rituels dont nous avons hérité ont été, dans l’histoire de l’humanité, validés comme étant des solutions à des besoins vitaux comportementaux dont nous avons hérité.

Le mouvement, quel qu’il soit, doit être viable et, pour être viable, doit respecter les lois du milieu dans lequel il veut évoluer ; en contrepartie, le milieu le nourrira. L’étude de l’histoire d’un milieu, quel qu’il soit, apporte la capacité de conscientiser ce qui tient debout.

Commencer à comprendre ces rituels, c’est commencer à se détacher des chaînes illusoires de nos comportements hormonaux. Maintenant que nous savons nous détacher de notre chair et de nos passions inférieures, nous pouvons décrire cet animal en nous. De plus, nous pouvons lui apprendre qu’il n’est pas seul, que son futur existe et que la connaissance est le fruit qui jalonne sa route malgré les doutes au sujet de sa propre existence.

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Le rituel de provocation

Le rituel de provocation fait partie des quatre premiers rituels qui ont pour but d’apporter un champ d’action (à tous niveaux) à l’individu en construction. Acquérir un territoire afin d’y puiser de l’énergie est primordial. Il s’ensuivra un développement proportionnel à chaque « acquisition d’un niveau social supérieur ». Plus nous nous élevons dans une hiérarchie, plus nous acquerrons du pouvoir, plus notre territoire d’influence sera grand et plus nos échanges énergétiques seront élevés.

Dans quelque domaine que ce soit, du matériel jusqu’au divin, rien n’est acquis s’il n’est pas durement gagné par le travail. Le rituel de provocation ou d’intimidation est celui qui consiste à défendre son territoire contre un intrus ou d’être un intrus dans le territoire de l’Autre.

Ce rituel est susceptible de rentrer en jeu lorsque des êtres doivent partager un espace de vie.

Là peuvent apparaître des comportements visant à impressionner l’autre : posture haute, voix aiguë et forte, grands gestes.

Ce rituel suffit à ce que les deux individus se jaugent mutuellement. La guerre ne débutera que lorsque les territoires se chevaucheront.

Ce rituel est celui de l’affirmation du Moi et débute dès la prime enfance.

Le rituel d’affrontement

Qu’il soit verbal ou gestuel, explicite ou plus caché, il existe. Ce rituel reste un jeu et n’a pas pour but de détruire, mais plutôt de repousser l’autre d’une manière ritualisée : rite de passage « à la dure », combats de coqs, etc.

C’est en réalité l’insécurité interne des protagonistes qui jaillit sous forme de lutte. Exemple typique de situation où ce qui apparaît à l’extérieur est l’inverse de ce qui se passe à l’intérieur. Un profond travail personnel accompagné d’un travail sur le Hara (respirations au niveau du Hara > action calmante sur le SNE et le SNA) permet à chacun de résorber l’insécurité intérieure.

Le rituel du territoire

Une fois acquis, cet espace de vie, ce territoire, nous le protégeons. Identifié aux formes, l’individu les défend « bec et ongles ».

Ce territoire est cependant l’espace d’expression personnelle. L’attitude défensive ou carrément offensive afin de le conserver, dénote une fois de plus l’insécurité perçue consciemment ou inconsciemment. Il en résulte un stress récurant négatif (voir syndrome d’adaptation au stress).

Le rituel de domination

Cela commence en famille. Le jeu consiste à dominer, à exercer son pouvoir de domination. 

Frères et sœurs, camarades d’école, copains, amis, petit(te) copain (ine) : tout autant de jeux, « un coup à toi, un coup à moi ».

On récolte ce que l’on sème. Plus nous dominons le plus petit, plus nous serons dominés par plus grand que nous. Plus nous sommes agressifs et projetons ce schéma relationnel sur l’autre, plus il nous le renverra en pleine face !

Sortir de ce schéma, c’est être admis à l’école des Hommes adultes et sortir de l’enfance.

Sortir c’est aussi accepter de devenir un Bon Dieu et régner dans l’amour. Nous arrivons à nous positionner en nous valorisant vraiment, nous prenons notre juste place dans notre famille et la société en général. Débarrassé des perceptions négatives, chacun peut parvenir à prendre sa place dans le respect de sa personnalité et celles des autres, entouré de personnes supérieures, de qui nous apprenons et inférieures, à qui nous transmettons notre savoir.

Le rituel de soumission

Ce rituel est l’inverse du rituel de domination et se manifeste selon trois types :

  • Deux personnes sont en relation. L’une est de type dominant, l’autre de type dominé. Les deux dépendent l’une de l’autre et ne peuvent se passer de cette relation dégradante. La violence conjugale, dans les deux sens, est l’exemple type de ce schéma. La plupart du temps, les acteurs de cette pièce sont inconscients de leur rôle et rejettent la responsabilité sur l’autre.
  • Deux personnes se font face. L’une est de type dominant. L’autre cède au besoin de la première, prend le rôle de soumis et en accepte la projection. La seconde est totalement mystifiée par la première. Le soumis vit dans une relation de dépendance face au dominant, dominance économique, affective, psychologique, etc. (problème au stade phallique).
  • Le type le plus clair : une personne reconnaît son niveau inférieur face à l’autre dans une saine confrontation : se faire battre « à la régulière » dans un sport ou un jeu, respecter une hiérarchie pour les compétences de ses membres, respecter une structure et entrer dans ses codes parce que l’on y adhère et y participe, la démocratie par exemple. Reconnaître son erreur face à quelqu’un, le « mea culpa », peut être un grand pas dans l’escalier de l’évolution.

Le rituel de soumission est bon lorsqu’il permet à celui qui le vit d’évoluer. Par contre, si cela revient à courber l’échine, il est mauvais. Face au fort sans cervelle, il vaut mieux cependant courber l’échine si l’on est faible et sans idée. Dans ce cas, attendre une idée lumineuse me semble une bonne chose. Il est bon de reconnaître sa défaite face à plus fort, reculer pour mieux sauter et passer l’épreuve que notre congénère nous fait vivre.

Apprendre d’un plus compétent, s’ouvrir à des expériences inconnues vécues par quelqu’un d’autre en avance par rapport à nous sur le chemin de vie est très positif. Ce rituel nous parle tout simplement de la transmission : Parents > enfant ; maître > apprenti ou disciple.

Le rituel de sélection

Maintenant, le territoire est acquis, nous sommes nourris de suffisamment d’énergie, nous avons des réserves et nous nous sommes mesurés à nos semblables dans le groupe. Nous ne sommes cependant toujours pas sortis d’affaire, parce qu’il y a l’autre groupe. Tout le monde a envie d’être apprécié par le groupe le plus cher à son cœur. Par contre, le groupe nie l’individualité. Dans certaines occasions, nous avons besoin de sortir du rang face à un autre groupe afin d’être à nouveau reconnu par l’autre. Pour comprendre ce rituel, il suffit d’observer les mammifères et la lutte interne à chaque sexe durant la « saison des amours », détermination de l’ordre de préséance. Ce rituel a permis chez les animaux de valoriser la meilleure génétique, celles des plus forts représentants de chaque sexe. Elle permet la perpétuation de l’espèce et son amélioration dans les meilleures conditions.

Si nous nous laissons dominer par notre nature inférieure hormonale, nous dépensons une énergie énorme qui pourrait nous servir à évoluer spirituellement. Par contre, si nous nions nos aspects inférieurs, nous délaissons l’outil d’expression de notre Âme. Là encore, juger avec la balance de notre Âme semble être la meilleure solution afin de ne rien nier, mais au contraire regarder du point de vue du Père, d’en haut.

Le rituel de sélection, une fois transcendé, représente la sélection du « meilleur esprit » possible. La spécificité de l’homme par rapport à l’animal est son esprit. Or, la saine joute philosophique permet à chacun de stimuler, rendre meilleur et plus fort son esprit au contact de ses semblables. Ce qui permet « d’améliorer » un psychisme qui n’évoluerait pas sans l’autre.

À nouveau, cela est question d’harmonie intérieure, dont nous sommes, en dernier ressort, les seuls juges.

Le rituel de séduction

Le rituel de séduction nous parle de notre instinct primaire de reproduction d’un point de vue instinctif et de la recherche métaphysique de notre « partie manquante » en l’autre de sexe opposé. Transcender ses pulsions hormonales sans pour autant nier l’action de nos phéromones est affaire de travail. Élever la sexualité hors des passions nous permet à tous d’expérimenter un des plus beaux partages possible sur cette Terre.

Jean-Christian Balmat

Fondateur de l’École de la Sagesse du Milieu

Résumé : Les 7 rituels mammaliens (provocation, affrontement, territoire, domination, soumission, sélection, séduction) structurent nos échanges sociaux. En les identifiant et en travaillant le Hara (respiration ventrale, recentrage), on passe du réflexe hormonal au choix conscient et on spiritualise la matière sans la nier.

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